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SONGS
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The good old days. Ils sont sûrement mon premier véritable amour. Ils sont sûrement ma première émotion, celle que même une larme ne parviendrait à exprimer. Celle qui a su faire briller mes yeux un peu trop ternes, un peu trop vides. Y mettre une étoile. Ils ont donné du sens, ils m'ont appris. Leur musique ne connaît aucun adjectif, ne peut être décrite. Pete & Carl, ce sont eux, eux seuls qui ont écrit l'histoire de ma vie, l'un avec sa guitare, l'autre avec son stylo. Une poignée de chansons qui passent, suffisamment sincères et intenses pour hanter toute mon existence de leurs deux voix, celles de deux petits lads perdus, qui s'aiment, ça oui. The Libertines. C'était le mot parfait bien sûr. Celui qui savait dire, comme si de rien n'était, voilà, on vous emmerde. Fuck forever, I you don't mind. Ils sont arrivés, ils souriaient. On les a haïs un peu, aimés, beaucoup. Et repartis, dans le tourbillon des paradis artificiels, chacun de leur côté. Des jolis pantins, esclaves de leur addiction, esclaves de leur attachement mutuel. Esclaves de leur bonheur. Ils se sont déchirés, presque malgré eux, comme un couple fatigué. Isolés. Mais pas perdus. A chacun de faire semblant, de monter des groupes le plus vite possible, avec les moyens du bord. La naissance des Dirty Pretty Things et Babyshambles se fit dans la douleur, dans le bruit aussi. L'incompréhension. Non seulement de leurs adorateurs, mais aussi d'eux-mêmes. Juste désireux d'oublier, de piétiner le passé en s'offrant urgemment un présent, aussi inattendu soit-il. Des concerts, des mélodies. Chacune orpheline à sa manière, vide d'une inconsolable présence. Qu'il manque un mot de Pete, ou un riff de Carl, ici, là. On nous a dit qu'il fallait arrêter d'espérer, faire enfin son deuil. On nous a dit qu'il fallait se contenter du l'excellence pour oublier la magie. Qui pourrait s'y résoudre, quand les deux aimés eux-mêmes ignorent tout de leur futur, et se rassurent en gardant dans un coin de leur esprit l'infime possiblité, celle de se retrouver, et peut-être réparer. A nouveau, ne faire plus qu'un, et redessiner le soleil de leurs deux sangs mêlés, s'accrocher à cette Arcadie déchue et la faire renaître. Jouer avec leurs émotions et se jouer de nous, affronter le doute pour cesser de le fuir. On a dit que la vie continuait, que ce n'était rien. Et moi, je n'y ai pas cru.
